Et la Ministre Valérie Glatigny persévère…

Suite à notre vidéo dénonçant la plainte de la Ministre Valérie Glatigny à l’encontre des 3 jeunes, dont une membre de notre équipe, l’intéressée a réagi dans la presse et sur les réseaux sociaux. 

La ministre persévère dans l’attitude que nous voulions justement épingler dans notre vidéo. Quand un.e ministre est interpellé.e par des citoyen.nes, la bonne attitude vis-à-vis de leur sollicitation est d’abord de les écouter. Or, mi-juin 2020, après la publication de notre vidéo Madame Glatigny portait plainte contre 3 étudiant.e.s. Cette fois, elle nous accuse publiquement de “campagne de désinformation”.

Il est pour le moins cocasse de lire que la Ministre affirme que pour elle l’affaire est close depuis juin. Ce n’est pas la sensation que les 3 personnes concernées ont eu quand elles ont été interrogées au commissariat, en janvier, en février et mars, de cette année. Madame Glatigny ne semble pas du tout consciente de ce qu’il se passe dans la tête d’un.e jeune étudiant.e lorsque ielle apprend que la Ministre de l’enseignement porte plainte contre ielle.  

Visiblement, la Ministre n’est pas intéressée par ces conséquences. Notre vidéo d’hier n’a débouché ni sur des excuses à leur endroit, ni même sur une prise de connaissance de leur situation. Non, la ministre commence par qualifier notre vidéo de “campagne de désinformation”. Soit une nouvelle accusation lourde, après celle de harcèlement. 

Nous ne sommes pas des enfants dans une plaine de jeu, Madame la Ministre. Votre fonction appelle à une certaine hauteur, à une prise de conscience de vos privilèges et de votre responsabilité. Un.e ministre doit être capable d’accepter ce jeu démocratique essentiel qu’est l’interpellation citoyenne sans se poser en victime (face à trois jeunes étudiant.e.s que vous avez préalablement attaquée en justice !) et sans chercher à criminaliser l’interpellation qui est posée. C’est pourtant ce que vous avez fait en juin dernier et ce que vous faites à nouveau vis-à-vis de cette nouvelle interpellation qui vous est adressée.

Au delà de cette lecture politique de la réponse de la Ministre, nous tenons aussi à répondre de manière factuelle aux arguments qu’elle avance :

  1. Les rendez-vous au commissariat ont eu lieu entre fin janvier et mi-mars 2021. Soit la plainte n’a pas été concrètement retirée le 15 juin comme l’avance la Ministre (ce qui est notre hypothèse), soit le parquet a décidé de continuer à nous poursuivre malgré que la plainte ait été retirée (ce qui nous semble ne pas correspondre avec ce que nous a dit le policier lors de l’interrogatoire). 
  2. Les plaintes ont été nominatives, à l’intention de 3 personnes qui sont apparues dans une vidéo APRÈS que la campagne soit terminée (le vendredi 12 juin 2020). Dans une vidéo qui ne portait pas sur la campagne mais sur ses revendications politiques uniquement. Si l’intention de la Ministre était de faire cesser la campagne, pourquoi avoir porté plainte contre ces 3 jeunes une fois la campagne terminée, et non contre X ou contre une personne morale pendant la campagne ? Il y a quelque chose d’illogique dans l’argumentaire. 
  3. La Ministre avance dans la presse ce matin, “ne pas avoir voulu porter plainte contre les étudiant.e.s”. C’est plutôt raté. C’est bien une plainte nominative, à l’encontre de Betel, Siska et Nicolas qui a été adressée. 

Pour le reste, merci pour tout le soutien et la force que vous nous apportez, franchement ça fait chaud au coeur. Ça donne envie de continuer à faire du travail critique et solidaire. D’ailleurs, la semaine prochaine, on revient avec… un nouveau documentaire (mais chutt) ! Coeur sur vous ! 

PS : pour le soutien on vous rappelle ce lien 😉 https://toutvabien.tv/plainte-de-valerie-glatigny-comment-nous-soutenir/

📌 Article La DH : https://www.dhnet.be/…/des-etudiants-convoques-par-la…

📌 Article La Libre : https://www.lalibre.be/…/valerie-glatigny-mise-en-cause…

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