Climat : mettre la mobilité sur de nouveaux rails. Par Benjamin

Niveau mobilité, l’espace à été pensé majoritairement pour la voiture. Je ne vous apprends rien. Mais s’il fallait bientôt s’en passer et tout repenser. Il se passerait quoi ? La part des émissions de CO2 attribuables au transport est parfois estimé jusqu’à 23%. C’est énorme et il faut que cela change. Alors dans cette vidéo on va aborder 2 aspects : d’une part, la mobilité proche (c’est à dire votre mobilité au quotidien comme nos déplacements, etc.) et puis d’autre part, la mobilité lointaine (par exemple pour quand on va en vacances).

La mobilité proche. Regardez ce graphique. Il va de 1950 jusqu’à 2010. Il représente le nombre de passagers-km de la voiture durant cette période. Les passagers-km c’est une unité de mesure qui permet de représenter le volume de transport.

On voit donc qu’en Belgique durant ces 60 ans, le succès de la voiture est total. Son utilisation a été multipliée par 10. Ca veut dire que pour une voiture sur les routes il y a 60 ans, il y en a maintenant 10. Ce qui est intéressant à remarquer dans ce graphique c’est qu’à chaque fois qu’on a construit des nouvelles infrastructures routières, on a en même temps constaté une augmentation de l’utilisation de la voiture. A chaque fois qu’on ouvrait une nouvelle autoroute, ou bien quand on élargissait une autre, on voyait que l’utilisation de la voiture augmentait en conséquent. Résultat : nous avons progressivement bâti une infrastructure qui nous rend totalement dépendant de la voiture. Si demain on nous interdit d’utiliser la voiture ou on rend son utilisation très cher, cela mettra concrètement beaucoup de gens dans la merde. C’est un peu comme si vous demandiez à des joueurs de tennis de soudainement se mettre au ping-pong mais en leur demandant de rester sur le même terrain et en utilisant les même raquettes.

Alors qu’est-ce qu’on fait ? Et bien, il faut repenser l’espace différemment. Il faut repasser à un habitat qui soit dense pour éviter l’étalement urbain. C’est mauvais pour nos agriculteurs, mais c’est aussi catastrophique dans l’optique d’une mobilité durable.

Concrètement, voici 3 propositions :

Première proposition : à chaque fois que l’on réaménage une rue, un carrefour ou une nouvelle route et bien on pense d’abord à la mobilité douce (aux cyclistes, aux piétons) et aux transports en commun. Moins il y aura de place pour la voiture et moins on utilisera la voiture.

Deuxième proposition : on arrête ce cadeau fiscal énorme qu’est la voiture de société. En Belgique une voiture qui roule sur dix est une voiture de société. Le problème c’est que quelqu’un qui en possède une fait en moyenne 9000km en + [par an] que s’il n’en possédait pas. Cette politique qui coûte donc très cher à la société est totalement injuste socialement en plus d’être une catastrophe écologique. Il faut donc que ces pratiques d’un autre âge cessent.

Troisième proposition : on réinvesti massivement dans les transports en commun. En Belgique, ces dernières années, le nombre d’usagers de la sncb n’a été qu’en augmentant. Pourtant le financement de l’état semble suivre une courbe inverse. Le RER est sans cesse reporté, à se demander s’il arrivera un jour, tandis qu’ailleurs on ferme des gares et on interroge la “viabilité” de certaines lignes. On va dans le sens inverse de l’histoire : au contraire il faudrait augmenter l’offre, redéployer le réseau et baisser drastiquement le coût des transports en commun pour les usagers, pourquoi pas même tester la gratuité des transports publics dans certaines villes ?

La mobilité lointaine. Le secteur de l’aviation est en plein boom. L’été 2018 a battu tous les records en terme de transport aérien : jamais dans l’histoire de l’humanité il y avait eu autant de vols en même temps. Certains jours, on dépassait les 200.000 vols. Les avions émettent leurs gaz à effets de serres en haute altitude ce qu’il fait qu’ils restent dans l’atmosphère et ne sont absolument pas absorbés ou captés au sol.

Malgré ce bilan écologique catastrophique, le transport aérien est un des moyens de transport les plus largements subsidiés par les pouvoirs publics. Pourquoi? Notamment parce que le carburant, le kérosène, n’est pas taxé. En plus, en Belgique, les pouvoirs publics ont largement investis dans les aéroports. Ils voulaient garantir un accès facile et à faible coût pour les compagnies aériennes. Résultats, aujourd’hui voyager avion est un des moyens de voyager les moins cher. Prendre le train sur de longues distances est de plus en plus compliqué et de plus en plus coûteux. Partout en Europe, on supprime les lignes longues distances et on supprime les trains de nuit. Si demain par exemple, je voulais aller à Venise. Il faudrait que je paie 217€, que je voyage pendant 18h et que je prenne 3 à 5 trains différents. Par contre en avion ça me coûterait une cinquantaine d’euro et ça mettrait 1h30 avec un seul avion pour y arriver. Il faut donc changer les choses pour que le choix le plus écologique devienne aussi le choix le plus évident. Tout le contraire de maintenant.

Alors comment faire? Et bien par exemple en réorientant ces avantages fiscaux de l’un vers l’autre. Dorénavant on taxe le kérosène, on taxe davantage les billets d’avion, on arrête d’aider le transport aérien et on aide plutôt le transport ferroviaire. Il faut que demain pour nos transport en Europe, le choix du train soit le choix le plus évident, le plus simple, le plus pratique et aussi le moins cher. soit tout le contraire de la situation actuelle.

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